Fabrice Hyber

 

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Crédit Photo : Carole Bellaïche, 2018

Croiser deux couleurs, deux formes, deux mots, c’est déjà inventer. Toute création est le fruit d’une rencontre, d’un rapprochement, d’un métissage, d’une hybridation. L’oeuvre de Fabrice Hyber embrasse et épouse un mouvement, naturel et sans fin, capable de faire naître une réalité et une énergie nouvelle d’une association de personnes, d’idées portée par un imaginaire sans interdit. Inventeur de métamorphoses poétiques, anticipant les mutations à venir, l’artiste, tel un botaniste, cultive l’art du mélange, déplace les limites, ouvre les possibles.

 Interférences, interactions, influences sur les comportements… sont au coeur de sa démarche. Sa manière de procéder à géométrie variable s’enrichit chaque fois d’un dialogue avec de multiples disciplines (de la physique aux neurosciences, de l’astronomie à la phytothérapie…) pour renvoyer le spectateur/acteur à un chantier plus vaste. Ainsi, qu’il s’agisse de « L’Hybermarché » au Musée d’Art Moderne de Paris, ou de « Eau d’or, Eau dort, ODOR», un studio de télévision pour lequel il recevra le Lion d’Or à la Biennale de Venise en 1997 ou de la « Chaosgraphie » des « 4 Saisons… » de Vivaldi avec Angelin Preljocaj, Hyber convoque dans chacun de ses projets plusieurs dimensions et sans jamais s’en tenir à un vocabulaire plastique défini, investit une multitude d’écritures et de supports.

Après avoir mis en place le terme d’artiste-entrepreneur dès la fin des années 80, Fabrice Hyber crée en 1994 Unlimited Responsibility, UR, une sarl destinée à favoriser la production et les échanges de projets entre les artistes et les entrepreneurs. « Il faut transformer les collectionneurs, principalement des chefs d’entreprises, en producteurs d’oeuvres », « traverser et rapprocher des territoires divers, agir, faire ».

Dans le même esprit, il initie à Paris en 2012 avec l’Institut Pasteur le projet Organoïde  qui met en relation chercheurs et artistes afin de proposer au grand public une nouvelle vision de la recherche biomédicale et de ses enjeux.

Et toujours avec cette volonté d’induire ou d’engendrer de nouveaux comportements, il développe depuis 2014 le programme de formation les réalisateurs, mené en collaboration avec écoles d’art et business schools pour amener de jeunes artistes à trouver de nouveaux moyens de production.