#lesréalisateurs2015

Exposition / Max Boufathal / #lesréalisateurs2015

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Exposition / Max Boufathal / #lesréalisateurs2015

Du 12 décembre 2015 au 6 janvier 2016, le sculpteur Max Boufathal envahit le Sporting-Casino avec son armée hybride de figures mythologiques et d’hommes-soleils. L’occasion d’une plongée dans un univers peuplé de monstrueuses créatures aux dimensions hors normes, aux corps écorchés… faites de sacs plastiques, de couvertures de survie et de matières détournées.

C’est un combat auquel se prépare Max Boufathal. Sa cible ? Déferler sur le Sporting-Casino d’Hossegor avec son arsenal de monstres gigantesques mi-hommes, mi-animaux au milieu desquels émergent d’étranges super-héros aux pouvoirs subversifs. Alors, le chef de meute s’apprête à lever son armée pour renverser les valeurs établies, s’ancrer dans les esprits et livrer une guerre contre les insuffisances et les transgressions de l’art contemporain.
Façonnés un à un, les guerriers jaillissent de son atelier sous forme de créatures, tantôt familières rescapées d’une superproduction hollywoodienne, tantôt sorties de l’ombre ou de nos pires cauchemars.
Ce bestiaire fantastique issu de la culture populaire, il le construit méthodiquement opérant avec la rigueur et la technique des grands maîtres classiques. Il s’agit de stimuler les références visuelles de l’imaginaire de chacun, en somme une manière de « réunir les gens, les mettre en rapport pour définir de nouveaux jeux de rôle et par là-même réveiller l’art contemporain », explique Max Boufathal, selon lui « une œuvre aujourd’hui ne doit pas se contenter d’être purement esthétique, elle doit insuffler une nouvelle dynamique, être engagée et surtout interroger. »

Pour y parvenir, le sculpteur se mobilise et engage toute son énergie dans cette performance car « être artiste, c’est être dans la survie ». Tout débute par la nécessité de transformer le chaos ambiant pour en faire de la sculpture. L’artiste recherche « des matériaux du quotidien qui se révèlent lorsqu’ils sont utilisés en total décalage ». Cette intelligence de la matière qu’on lui a appris à découvrir, dit-il, lors de ses études aux Beaux-Arts de Nantes, il l’a mise au centre de son travail pour se créer une banque de matières composée d’une infinité de possibles (sacs-poubelle, bambous, bois de chêne, de pin, couvertures de survie, etc.) dont il se sert au gré de ses projets. Et ce qui l’interroge c’est ce passage de la matière profane transformé en matière noble une fois l’œuvre réalisée. Le plasticien s’attaque alors aux emblèmes de la mythologie pour en faire les sujets de ses œuvres, n’hésitant pas à détourner des « Apollons » à l’anatomie parfaite en super-héros aux corps écorchés dont les fibres musculaires parées d’or pulvérisent nos images de référence. Des symboles une nouvelle fois habilement détournés mais toujours dans les « règles de l’art » !

C’est donc bien un combat pour ébranler l’ordre artistique, mais aussi politique, social, économique qu’a décidé de mener l’artiste. Qu’importe si la sculpture – avatar sous des formes changeantes – surprend, perturbe, émeut ou séduit, l’artiste multiplie son sens jusqu’à la confusion. Car il est question surtout de jeu dans l’œuvre de Max Boufathal. Il s’y adonne volontiers et ses questionnements conduisent le spectateur à dialoguer avec l’art qui doit le conquérir – ou se laisser conquérir.

Avec des projets réalisés dans le cadre des réalisateurs à Nantes
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