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Fabrice Hyber, Les Réalisateurs, 2010. École des beaux-arts de Nantes/ Ecce Innovation Nantes Métropole.

Fabrice Hyber, Les Réalisateurs, 2010. École des beaux-arts de Nantes/ Ecce Innovation Nantes Métropole.

Créés par Fabrice Hyber, les réalisateurs sont un programme de formation mené en collaboration entre une école d’art et une école de commerce.
Dans les lieux où ils sont implantés, les réalisateurs sont matérialisés par une structure qui accueille chaque année une nouvelle promotion de jeunes artistes (entre 6 et 10).

Le principe : favoriser l’émulation entre un jeune artiste et un étudiant en master 2 d’école de commerce.

En binôme, guidés à la fois par l’artiste et les équipes pédagogiques des deux écoles partenaires, les jeunes doivent trouver en trois mois les moyens nécessaires à l’élaboration, la production et à la réalisation d’un projet d’œuvre. Ils tissent, dès sa conception, le réseau et l’infrastructure qui en assureront la faisabilité, la création, la présentation et la diffusion.

Immergé dans ce processus et guidé à la fois par l’artiste et les équipes pédagogiques des deux écoles partenaires, chacun s’implique, communique et nourrit son expertise en inventant pas à pas et concrètement son nouveau métier, en prise directe avec le monde actif et ses mutations.

Dans sa première version, le programme les réalisateurs a vu le jour en 2012 à Nantes unissant Audencia Business School et de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Nantes Métropole.

Le programme inaugure aujourd’hui à Paris sa deuxième antenne avec HEC Paris et lÉcole nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy.

De même, à Rabat, le collectif l’Appartement 22, fondé en 2003 et dirigé par Abdellah Karroum ouvre en septembre prochain la version marocaine des réalisateurs en partenariat avec l’école HEM (Hautes Etudes de Management) de Rabat.

ENTRETIEN AVEC FABRICE HYBER

Pourquoi les réalisateurs aujourd’hui ?

Fabrice Hyber : Pour réaliser mes œuvres, je suis allé à la rencontre des entreprises. Ce rapprochement m’a fait comprendre qu’elles ont besoin de nouvelles visions et de nouvelles cohésions. L’art offre des possibilités diverses, ouvertes que les réalisateurs vont mettre en œuvre.

Qui sont les étudiants réalisateurs ?

FH. Des artistes, des entrepreneurs de tous horizons, portés par un projet ! Cela est large, produire une oeuvre, un événement, développer une idée, nous accueillerons des jeunes talents créatifs pour les accompagner à trouver une forme et des moyens.

Quel est ton rôle ?

FH. Celui d’impulser l’énergie afin que les relations soient constructives, de mettre en connexion les projets dans le réseau des collectionneurs, d’entreprises, Woolways que j’ai créé à travers l’Europe. Mon rôle est de garantir les succès de chaque projet. L’échelle de cette école me permettra de suivre tous les projets, au nombre de dix par session de dix-huit mois maximum.

Comment cela se passe-t-il ?

FH. La formation ne forme pas à une spécialisation, c’est du sur-mesure, adapté à la réalisation de chaque projet. Nous cherchons à inventer un environnement créatif et sur bien des points le rythme de la formation se rapproche du temps de l’art, tous les jours différents. Les deux écoles qui m’accompagnent, excellent dans le respect des singularités et la dynamique du projet collectif.

Pourquoi cette école est internationale ?

FH. Les artistes et les entreprises, notamment dans cette région, ont vocation à être internationaux. Nous ne sommes plus dans des nations mais des réseaux mondialisés. L’objectif à terme est de monter un réseau d’écoles des réalisateurs à travers le monde : Rome, Milan, Rotterdam, Göteborg, Barcelone, Hambourg, Stuttgart, Tokyo, Montréal, Singapour…

Pourquoi à Nantes ?

FH. C’est à Nantes que j’ai commencé à penser ce projet, dès le début des années 1990, quand j’ai produit le plus gros savon du monde. Comment une école peut apprendre à chercher en soi les ressorts de la réalisation partenariale ? Ne faut-il pas inventer ce nouveau maillon à l’image du réalisateur de cinéma ? Nantes et sa région est une terre d’entrepreneurs et le port d’attache d’un vaste réseau international qui donnera à ces enjeux de relations entre l’art et l’entreprise un nouveau modèle.

Quels sont les avantages des entreprises
dans l’engagement de ce projet ?

FH. Créatifs, techniques, financiers avec la défiscalisation sur la formation et la production d’oeuvres. Le coût est moindre qu’une campagne de communication. Les PME sont concernées, de même que les entreprises d’excellence avec un désir d’être encore plus innovante dans les domaines de la pensée, de la créativité. Le réseau d’entreprises est large : les grandes entreprises ont besoin de plus-value artistique pour faire rêver, les PME cherchent une cohérence sociale forte par la valorisation de l’outil de travail des salariés : l’artiste est dans la matière plus que dans le concept et met en évidence la qualité des produits des entreprises. Cette plus-value sociale dans l’entreprise est un enjeu énorme. Cela conduit à une écologie où un artiste devient presque le sponsor mental de l’entreprise.